Julie-Anne : Dans ton œuvre, la figure féminine est présente par des fragments, des fétiches, comme des cheveux, une robe, des bas… Dans quelle mesure sont-ils liés au corps qui les portait et pourquoi sont-ils hors-champ ?

Estelle : Les fragments que tu cites parlent du corps universel mais aussi du mien, comme une citation de leur présence/absence. Ils sont hors-champ car je trouve cela plus fort visuellement… C’est aussi devenu comme un alphabet graphique.

J-A : Est ce que cet alphabet graphique est comme un jeu de piste ?

E : oui, un jeu de piste graphique mais aussi une itinérance « romantique » à la recherche de souvenirs mais aussi dans le sens de « trouver son chemin mental »; je parle d’itinérance pour trouver des réponses à mes questions.

J-A : As-tu une technique privilégiée (en gravure) ? Si oui, pourquoi y es-tu plus à l’aise et comment cela parle-t-il de ton univers ?

E : J’ai un style plutôt lié au trait, comme une trace, donc dessin ou gravure. Par différentes techniques (eau forte, vernis mou, pointe sèche) la gravure me permet des « écritures différentes » et je trouve que cela rejoint mon approche “itinérante”. Je structure l’image en plans différents pour en obtenir des lectures multiples.